— En termes simples, Julian, tu n’es plus le patron de rien du tout, murmura Marcus. Le propriétaire légitime de ce domaine, de cette pelouse, et du moindre centime de ton empire… c’est moi.

Eleanor poussa un cri d’hystérie pure, ses genoux cédant sous le poids de sa robe de mariée, et elle s’effondra lourdement au milieu de la crème et des fraises écrasées.

— Non ! C’est impossible ! Je n’ai pas signé pour épouser un vaurien ruiné ! hurla-t-elle en fixant Julian avec une rage folle. Dis-moi que c’est un cauchemar, Julian ! Dis-le !

Julian regarda sa fiancée en larmes, puis sa mère figée dans la démence, et enfin Marcus, l’homme qu’il venait d’humilier quelques minutes plus tôt.

Le contraste entre sa superbe d’il y a un instant et sa déchéance actuelle était total et définitif.

— C’était prémédité… souffla Julian, les lèvres tremblantes alors que la photo quittait ses doigts pour aller se souiller dans la boue. Tu voulais me détruire en plein jour.

Marcus fit un pas en avant, comblant l’espace qui les séparait pour toiser le fils prodige.

— Je n’ai fait que reprendre ce qui nous appartenait de droit, Julian, répondit Marcus d’une voix basse, lourde d’une décennie de souffrance. Tu m’as jeté à terre en me traitant de moins que rien sans savoir qui j’étais. La roue a tourné, et la tienne vient de s’arrêter.

Les forces de l’ordre, accompagnées des huissiers de justice mandatés par Maître Sterling, envahirent définitivement la pelouse, signifiant aux invités ébahis de quitter les lieux immédiatement.

Les notables de Metropolis s’enfuirent en courant vers leurs limousines, terrifiés à l’idée d’être associés de près ou de loin à la faillite frauduleuse des Vane.

Eleanor continuait de sangloter sur le sol, abandonnée de tous, tandis que Margaret était escortée vers un véhicule médical par des assistants dépassés.

Julian resta seul au milieu des ruines de sa fête somptueuse, cerné par le silence de la défaite et le regard implacable de son frère.