CHAPITRE 3 : LA CHUTE DES EMPIRES
Le silence qui suivit l’effondrement de Victoria Sterling était lourd, presque irrespirable. La salle de bal du Conservatoire St. Regis, autrefois symbole d’opulence et d’arrogance, ressemblait désormais à un champ de ruines.
Arthur Monroe ne bougea pas d’un pouce. Il se tenait droit, impassible, son bras puissant toujours enroulé autour des épaules d’Elena.
Au sol, Julian Vance gémissait, la poitrine douloureuse sous l’impact de la botte tactique, tandis que son père, Robert, restait figé, le regard vide, fixant l’écran de son téléphone qui affichait la mort clinique de Vance Capital.
« P-Pitié… M. Monroe… » balbutia Robert Vance, la voix brisée, rampant à son tour sur le marbre froid. « Nous pouvons tout réparer ! Je vous donnerai mes parts… je vous donnerai ma maison… Ne détruisez pas ma famille ! »
Arthur baissa les yeux vers le vieil homme avec un mépris souverain.
« Tu as laissé ton fils lever la main sur la fille d’Arthur Monroe », dit-il d’une voix calme qui résonna dans chaque coin de la pièce. « Tu as regardé ma chair et mon sang saigner sur ce sol, et tu as ri. Il n’y a aucune négociation possible avec les monstres de ton espèce. »
Elena regarda Julian, qui essayait encore de croiser son regard. Il y avait dans les yeux du jeune homme une terreur si profonde qu’elle en devenait presque piteuse.
« Elena… je t’en supplie… » murmura Julian, des larmes de sang et de sueur coulant sur son visage. « Souviens-toi de ce que nous avons vécu… Les soirées dans ton petit appartement… Je t’aimais, Elena ! C’est Victoria qui m’a manipulé ! Elle voulait cet empire ! »
« Mensonges ! » hurla Victoria depuis le sol, redressant la tête, le visage défiguré par la rage et le désespoir. « Espèce de lâche ! C’est toi qui disais qu’elle ne servait à rien ! C’est toi qui l’as poussée ! »
Elena laissa échapper un soupir glacé. Elle se libéra doucement de l’emprise de son père et fit trois pas en avant. Ses chaussures légères ne faisaient aucun bruit, contrairement aux bottes lourdes des gardes. Elle s’arrêta juste devant Julian.
« Tu disais que je n’étais rien, Julian », dit-elle, la voix claire et sans la moindre hésitation. « Tu as jeté trois ans de ma vie à la poubelle pour un titre, pour de l’argent et pour une illusion. Aujourd’hui, tu n’as plus rien. Ni argent, ni titre, ni avenir. »
« Elena, pardonne-moi ! » cria-t-il en attrapant frénétiquement le bas de sa robe bleu bébé, oubliant la présence des gardes. « Je ferai tout ce que tu veux ! Je serai ton serviteur ! Mais ne me laisse pas mourir dans la ruine ! »
Elena retira froidement son ourlet de ses doigts tremblants.
« C’est toi qui as choisi ton destin le jour où tu as accepté de me faire saigner », répondit-elle.
CHAPITRE 4 : L’ARRESTATION ET LE CHÂTIMENT
Avant que Julian ne puisse ajouter un mot, les lourdes portes de la salle de bal s’ouvrirent à nouveau. Cette fois, ce n’étaient pas des gardes privés, mais une douzaine d’agents fédéraux du FBI, menés par le procureur général de New York en personne.
Le procureur s’avança d’un pas ferme, ignorant les aristocrates pétrifiés, et s’inclina légèrement devant Arthur Monroe.
« M. Monroe », déclara le procureur d’un ton solennel. « Vos équipes nous ont transmis l’intégralité des dossiers concernant Sterling Real Estate et Vance Capital. Les preuves de fraude fiscale, de blanchiment d’argent et de falsification d’obligations municipales sont irréfutables. »
Un cri d’horreur s’échappa de la foule.
Le procureur se tourna vers Robert Vance et le père de Victoria, M. Sterling, qui tentait de se fondre dans le décor.
« Robert Vance, Richard Sterling, Julian Vance… vous êtes tous sous le coup d’un mandat d’arrêt fédéral immédiat », ordonna le procureur. « Agents, passez-leur les menottes. »
Les agents du FBI s’avancèrent rapidement. Des cliquetis métalliques retentirent dans la salle de bal. Julian hurla et se débattit alors qu’on lui plaquait les bras dans le dos.
« Non ! Lâchez-moi ! Je suis un Vance ! Vous ne pouvez pas me faire ça ! » hurlait Julian tandis qu’il était traîné sans ménagement vers la sortie.
sa mère s’évanouit pour de bon, tombant lourdement sur les débris de verres de champagne. Victoria, quant à elle, hurlait comme une damnée alors qu’une agente lui passait les fers aux poignets, souillant définitivement sa robe de mariée de haute couture dans la poussière du marbre.
« Regarde-les, Elena », murmura Arthur Monroe en se replaçant à côté de sa fille. « Voilà ce qui arrive à ceux qui oublient qui règne sur cette ville. »
CHAPITRE 5 : LE RETOUR DE LA PRINCESSE
En quelques minutes, les coupables furent emmenés sous les yeux médusés de la haute société new-yorkaise. Les invités, autrefois si fiers et méprisants envers Elena, se tenaient désormais courbés, n’osant même pas croiser le regard de la jeune femme.
Arthur Monroe leva la main. Son directeur des opérations s’avança immédiatement.
« M. Monroe ? »
« Annulez toutes les réservations de cette salle », ordonna Arthur. « Achetez cet hôtel d’ici ce soir. Je ne veux plus jamais que ce lieu accueille la moindre festivité de cette prétendue élite. Demain matin, rasifiez le Conservatoire St. Regis et faites-en un parc privé pour ma fille. »
Le directeur hocha la tête sans poser la moindre question. « Ce sera fait avant minuit, M. Monroe. »
Les invités frémirent. Détruire un hôtel emblématique de la 5e Avenue sur un simple coup de tête… C’était là la puissance absolue du clan Monroe.
Arthur se tourna enfin vers Elena. Son regard, d’une froideur mortelle quelques secondes plus tôt, redevenait empreint d’une tendresse infinie. Il ajusta doucement son manteau de cachemire de vingt mille dollars sur les épaules frêles de sa fille.