Malo courait maintenant dans l’herbe, les joues pleines de crème, poursuivi par Marion qui prétendait être épuisée après 6 pas. Hélène protestait parce qu’on l’avait privée du rôle de grand-mère préférée. Quelqu’un avait oublié le pain au four. Le chien des voisins aboyait.
Une vie ordinaire.
Une vie choisie.
Élise comprit alors que survivre n’avait jamais voulu dire seulement échapper à la chute. Survivre, c’était tout ce qui venait après : poser des questions, rouvrir une porte, dire non, lire avant de signer, pardonner sans laisser revenir, aimer sans disparaître.
Adrien avait cru décider de la fin de son histoire.
Il s’était trompé.
Son histoire contiendrait toujours une montagne.
Mais elle contiendrait aussi un enfant qui riait dans l’herbe, une sœur qui restait, une mère qui apprenait à dire la vérité, et une femme qui n’attendait plus qu’on lui rende sa vie.