Im siebten Monat schwanger, dachte Lucie Delmas, sie würde das Gerichtsgebäude in Lyon betreten, um ihre Scheidung und das Vermögen, das sie mit aufgebaut hatte, zu verteidigen. Niemals hätte sie sich vorstellen können, dass die Geliebte ihres Mannes ihr auf den Stufen in den Magen treten würde, noch dass Marc die Szene mit einem Lächeln beobachten und anschließend sagen würde: „Sie übertreibt immer.“
Einen Augenblick lang blieb Lucie zusammengekrümmt stehen, eine Hand umklammerte das kalte Steingeländer, die andere presste sie gegen ihren runden Bauch. Der Schmerz war nicht heftig. Er war schlimmer: erst dumpf, dann brennend, wie eine Welle, die ihren Rücken hinaufkroch.
— Madam, bewegen Sie sich nicht!, rief ein Polizist vom Eingang.
Pauline Castaigne trat auf ihren burgunderroten Absätzen zurück. Ihr Gesichtsausdruck wechselte augenblicklich von Wut zu einer fast schon gekünstelten Unschuld.
— Ich habe sie kaum berührt. Sie warf sich vor mich.
Marc Salgado zupfte den Ärmel seiner dunklen Jacke zurecht und lachte leise und trocken.
— Lucie macht aus allem ein Drama. Das ist schon seit Jahren so.
Zwei Personen, die in der Nähe der Türen warteten, verstummten. Eine ältere Dame warf Lucie einen Blick zu, dann Marc, sichtlich verlegen über seinen Tonfall.
Lucie hob langsam den Kopf.
Zehn Jahre Ehe. Zehn Jahre gemeinsame Wohnung in Croix-Rousse, gemeinsame Mahlzeiten, ein Bauunternehmen, das sie zusammen gegründet hatten, Nächte, in denen sie am Küchentisch Budgets überarbeiteten. Und nun, inmitten des Lärms der Autos am nahen Kai und des Zuschlagens der Gerichtstüren, sah ihr Mann ihr zu, wie sie sich den Bauch hielt, ohne einen Schritt auf sie zuzugehen.
Drei Wochen zuvor hatte Marc die Scheidung eingereicht. In seinen schriftlichen Unterlagen schilderte er sie als zerbrechlich, labil und zu emotional, um die Interessen der Familie zu vertreten. Er forderte die Nutzung ihres Hauses in der Nähe von Annecy, eine Mehrheitsbeteiligung an ihrem Unternehmen und die Kontrolle über ein Wertpapierportfolio, das Lucies Mutter ihr vor ihrem Tod vererbt hatte.
Er dachte, sie würde weinen, unterschreiben und verschwinden.
Ihm war nicht bewusst, dass Lucie das interne Kontrollsystem des Unternehmens selbst entworfen hatte.
Und dass sie sechs Monate zuvor damit begonnen hatte, jede Anomalie zu bewahren.
„Ich möchte Anzeige wegen Körperverletzung erstatten“, flüsterte sie.
Paulines Augen weiteten sich.
— Dafür? Du hast ja nicht mal Schmerzen.
Lucie holte tief Luft, bevor sie antwortete.
— Das ist nicht Ihre Entscheidung.
Marc spottete erneut.
— Sehen Sie? Genau das meine ich ja. Sie ist nicht mehr rational.
Der Polizist lächelte überhaupt nicht mehr.
— Meine Damen und Herren, Sie werden mir ins Haus folgen.
„Marc!“, protestierte Pauline. „Sag doch etwas!“
Il se pencha alors vers Lucie, assez près pour que son parfum familier lui donne un haut-le-cœur.
— Signe l’accord aujourd’hui et tout s’arrête. Si tu continues à me provoquer, tu finiras par perdre bien plus que la société. Même ta fille.
Cette phrase réveilla en elle une vieille peur : des années plus tôt, après la mort de sa mère, son propre père lui avait reproché d’avoir quitté le droit pour rejoindre Marc dans l’entreprise familiale. « Tu mets toute ta sécurité dans les mains d’un homme », avait-il dit. Lucie avait claqué la porte et presque cessé de lui parler.
À présent, elle entendait cette phrase autrement.
Elle ne répondit pas à Marc. Assise sur les marches, elle attendit que sa respiration redevienne régulière, puis sortit son téléphone de son sac bordeaux.
L’enregistrement tournait toujours.
La menace de Marc. La voix de Pauline. Le choc. Le rire.
Tout était là.
Depuis six mois, Lucie avait aussi découvert de fausses factures, des fournisseurs sans activité réelle et des virements vers des sociétés liées à des proches de Pauline, directrice financière de leur groupe. Le divorce n’était pas seulement une séparation.
Quelqu’un préparait le terrain pour vider la société et lui en attribuer la responsabilité.
Dans une salle médicale du tribunal, un médecin vérifia le rythme cardiaque du bébé. Trop rapide au début, puis plus régulier. Sous la robe de grossesse bleu marine, une marque sombre commençait à se former sur le côté de son ventre.
— Vous vous sentez capable d’assister à l’audience ? demanda le médecin.
Lucie regarda son dossier bleu fermé par un élastique rouge, posé sur la chaise.
— Oui.
Quand elle se releva, la douleur lui traversa le bas du dos. Elle remit son trench camel sans le fermer, prit son dossier et entra dans le couloir sans chercher le regard de Marc.
Elle ne savait pas encore que le magistrat prévu pour l’audience avait été remplacé le matin même.
Lorsque les portes s’ouvrirent, l’homme en robe noire regarda d’abord la démarche raide de Lucie, puis la marque violacée que le tissu déplacé laissait entrevoir.
Ensuite, il leva les yeux vers son visage.
Et reconnut sa fille.
Étienne Delmas resta immobile une fraction de seconde.
Lucie aussi.
Pendant presque quatre ans, leurs échanges s’étaient limités à des messages d’anniversaire et à deux déjeuners trop polis. Elle savait qu’il avait été nommé quelques mois plus tôt à Lyon après des années à Grenoble. Elle ne savait pas qu’il remplaçait ce matin-là une collègue malade à la chambre familiale.
Marc, lui, ne reconnut pas immédiatement son beau-père. Il ne l’avait vu que rarement depuis la rupture entre Lucie et son père.
— Monsieur le juge, commença son avocat.
Étienne leva la main.
Son regard revenait malgré lui vers le ventre de Lucie.
— Avant toute chose, cette audience ne peut pas se poursuivre devant moi.
Un silence tomba dans la salle.
— Madame Delmas est ma fille. Je me déporte du dossier immédiatement.
Marc blêmit enfin.
Ce ne fut pourtant pas la parenté qui fit basculer la matinée.
Étienne se tourna vers le greffier, parla à voix basse, puis demanda que soit consignée la présence d’une blessure visible et l’information selon laquelle une agression venait d’avoir lieu dans l’enceinte du tribunal. Il ne posa aucune question sur le fond du divorce. Il ne pouvait pas. Mais il pouvait signaler un fait potentiellement pénal observé directement.