Je me souvins des conversations d’Adrian.

Ses demandes.

Ses questions.

Ses insistances pour que nous ayons des comptes communs.

Ses remarques sur les contrats prénuptiaux.

Je croyais qu’il voulait construire notre avenir.

Il construisait le sien.

« Pourquoi l’appartement ? »

Thomas répondit :

« Parce que c’est la première propriété du trust. »

« Ce n’est qu’un appartement. »

« Non. »

Il posa une clé sur la table.

« Ton appartement est construit sur un terrain appartenant au trust. »

Je le regardai.

« Quoi ? »

« Le bâtiment entier appartient à une société qui t’appartient. »

Je restai sans voix.

« Mais pourquoi personne ne me l’a dit ? »

« Parce que ton père voulait que tu vives normalement. »

Thomas soupira.

« Il pensait que personne ne chercherait à te dépouiller si personne ne savait à quel point tu étais riche. »

Je murmurai :

« Il avait tort. »

« Oui. »

Un bruit retentit dans le couloir.

Thomas se figea.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Il leva un doigt.

Silence.

Un bruit de pas.

Puis un autre.

Quelqu’un s’arrêta devant la porte.

Je regardai Thomas.

Il posa un doigt sur ses lèvres.

La poignée bougea.

Une fois.

Deux fois.

Puis quelqu’un frappa.

Trois coups.

Thomas sortit une arme.

Je reculai.

Une voix retentit derrière la porte.

« Claire. »

Je reconnus immédiatement cette voix.

Adrian.

Je regardai Thomas.

« Comment nous a-t-il retrouvés ? »

Thomas murmure :

« Il y a un traître. »

La voix d’Adrian résonna encore.

« Claire, ouvre la porte. »

Je ne bougeai pas.

« Je sais que Thomas est avec toi. »

Thomas ferma les yeux.

Adrian ajouta :

« Et je sais que tu as trouvé les documents. »

Puis il prononça quelque chose qui me glaça.

« Mais il ne t’a pas tout dit. »

Je regardai Thomas.

Il pâlit.

« Qu’est-ce qu’il veut dire ? »

Thomas ne répondit pas.

Adrian frappa encore.

« Thomas t’a raconté qu’il était innocent. »

Silence.

« Il t’a raconté qu’il avait essayé de te protéger. »

Un autre coup.

« Mais il t’a menti. »

Je me tournai vers mon frère.

« Thomas ? »

Il baissa les yeux.

« Claire… »

Je reculai.

« Qu’est-ce que tu ne m’as pas dit ? »

Il ne répondit pas.

Adrian parla derrière la porte.

« Demande-lui où il était la nuit où notre père est mort. »

Je sentis mon sang se glacer.

Thomas ferma les yeux.

« Je peux t’expliquer. »

« Où étais-tu ? »

« Claire… »

« Où étais-tu ? »

Il murmura :

« Avec lui. »

« Avec qui ? »

Thomas leva enfin les yeux.

« Avec notre père. »

Je ne respirai plus.

« Mais tu m’as dit que tu n’étais pas là. »

« Je sais. »

« Pourquoi ? »

Il répondit :

« Parce que si je te disais la vérité… »

Il s’arrêta.

« …tu ne me ferais plus jamais confiance. »

Derrière la porte, Adrian sourit.

Je le savais sans même le voir.

Puis il dit :

« Maintenant, Claire, tu comprends pourquoi ton frère a passé onze ans à se cacher. »

La serrure se mit soudain à tourner.

Thomas se retourna.

« Il a la clé. »

Je reculai.

« Quelle clé ? »

Thomas regarda la porte.

« Celle que notre père lui a donnée. »

La porte s’ouvrit.

Adrian entre.

Mais il n’était pas seul.

Eleanor se tenait derrière lui.

Et dans sa main…

elle tenait une vieille photographie de notre père.

Elle me regarda.

« Claire. »

Puis elle sourit.

« Il est temps que tu connaisses toute la vérité. »

À suivre…