Elle la relut une dernière fois.

La terre reconnaît les pas.

Elle comprit enfin ce que ces mots signifiaient.

La terre ne reconnaissait pas les propriétaires.

Elle reconnaissait ceux qui revenaient chaque matin.

Ceux qui plantaient quand personne ne croyait à la récolte.

Ceux qui restaient sous la pluie quand tout le monde avait déjà décidé que c’était fini.

Camille replia soigneusement la lettre.

Puis elle regarda sa fille courir entre les arbres.

Elle n’avait pas sauvé un verger mort.

Elle avait simplement découvert qu’il n’était jamais mort.

Et peut-être qu’elle non plus.