— Tu t’es déjà demandé ce qui se serait passé si Inès n’était jamais venue ce soir-là ?
Claire avait souvent pensé à cette question.
Elle serait peut-être restée 1 an de plus.
Peut-être 5.
Peut-être que Laurent aurait fini par partir.
Ou peut-être qu’elle aurait continué à sourire lors de dîners officiels aux côtés d’un homme qui avait déjà quitté leur mariage depuis longtemps.
— Oui, répondit-elle.
Mathieu sourit.
— Et ?
Claire regarda à travers les vitres la salle où elle avait autrefois cru perdre toute sa vie.
— La gifle n’était pas un cadeau.
Puis elle se tourna vers ses 3 fils.
— Mais la vérité, oui.
Quand ils quittèrent l’hôtel, des photographes présents pour l’événement les attendirent dehors.
5 ans plus tôt, Claire avait caché son visage contre la veste de son fils.
Cette fois, elle ne baissa pas la tête.
Elle riait entre Antoine, Mathieu et Lucas.
La femme qui avait été giflée dans cette salle avait pensé que sa vie venait de s’effondrer.
Elle ignorait alors que les 3 hommes qui marchaient vers elle n’allaient pas détruire l’empire de son mari.
Ils allaient simplement lui rappeler qu’elle possédait encore sa propre vie.
Le lendemain de cette terrible soirée, Antoine lui avait demandé ce qu’elle voulait.
Pour la première fois depuis des années, Claire avait répondu sans penser à Laurent, à la société, aux invités, aux banques ou à sa réputation.
Elle voulait divorcer.
Elle voulait récupérer son nom dans l’histoire qu’elle avait contribué à écrire.
Elle voulait cesser de rapetisser pour qu’un homme effrayé puisse se sentir immense.
Et elle voulait reprendre son avenir.
5 ans plus tard, sous les lumières du même palace, elle savait enfin qu’elle avait obtenu bien davantage que la vengeance qu’on avait voulu lui prêter.
Elle avait récupéré sa liberté.