Vincent descendit les larges marches de calcaire, son pardessus flottant derrière lui, jusqu’à rejoindre Emma.

Il n’a pas parlé immédiatement.

Il posa simplement une main ferme et protectrice sur le bas de son dos, signalant au monde entier qu’elle était sous la protection permanente du nom Moretti.

« Ça va ? » murmura-t-il, assez bas pour que les micros-perches ne captent pas ses paroles.

« Oui », dit Emma en expirant une bouffée de vapeur froide dans l’air du matin.

« C’est fini ? »

Vincent regarda au-delà des lumières clignotantes, son regard se portant vers l’étendue glacée du lac où la fumée s’était enfin dissipée, révélant la lumière vive et nette d’un lever de soleil hivernal.

Chapitre 146 – Le secret du sous-sol

Chapitre 146 - Le secret du sous-sol

Vingt-quatre heures après l’arrestation publique du sénateur Bennett, la tour Moretti s’était transformée d’une forteresse assiégée en un véritable centre de réorganisation calculée.

Le cordon fédéral avait disparu, remplacé par des équipes de sécurité privées d’élite qui patrouillaient chaque couloir grâce à des protocoles d’accès biométriques.

Au niveau souterrain le plus profond du complexe — le sous-sol 7, accessible uniquement par un ascenseur pneumatique privé nécessitant à la fois le scan rétinien de Vincent et la clé en laiton physique d’Evelyn Moretti — Emma était assise à une longue table de conférence en noyer.

Une tasse de thé noir fumait à côté d’elle, intacte.

Devant elle se trouvaient trois dossiers en cuir noir récupérés dans le coffre-fort étanche du module de commande de la corvette.

Vincent se tenait près d’une immense table lumineuse, étalant des schémas architecturaux imprimés sur du vélin translucide.

Les plans étaient anciens – datant de la fin des années 1960 – et portaient le sceau délavé du département de gestion de l’eau de Chicago ainsi qu’un logo d’entreprise obscur : un ouroboros entourant une rose des vents.

« Ce symbole », fit remarquer Emma en pointant du doigt l’emblème figurant dans le coin des plans.

« J’ai déjà vu ça. »

Pas sur la Corvette.

« Pas dans les dossiers de Julian. »

Vincent leva les yeux de la table.

“Où?”

« Au banquet », répondit Emma, ​​sa mémoire étant infaillible.

« La nuit où Victoria Sterling a tenté de frapper votre grand-mère. »

Victoria portait une broche ancienne en platine épinglée à son revers.

Il avait exactement le même design en serpentin.

Elle l’a touché juste avant de confronter le serveur.

Evelyn Moretti entra dans la pièce, appuyée sur sa canne d’ébène.

Son visage était marqué par une profonde lassitude que l’âge seul ne pouvait expliquer.

« La Société de la Boussole », dit doucement Evelyn en prenant place en bout de table.

« J’espérais que ce nom avait disparu avec votre grand-père, Vincent. »

« Qu’est-ce que c’était, grand-mère ? »

Vincent demanda, en tirant une chaise et en s’asseyant à côté d’Emma.

« Les fichiers fédéraux que nous avons décryptés sur le disque dur de Julian ne mentionnent aucune organisation nationale. »

Ils mentionnent un collectif d’investissement appelé Aethelgard Holdings, enregistré à Zurich.

« Aethelgard n’est que l’enveloppe moderne », expliqua Evelyn, le regard absent tandis qu’elle se remémorait des décennies révolues.

“Fifty years ago, five families built the industrial foundations of this city.

The Morettis, the Sterlings, the Van Dorns, the Hendersons, and the Kensingtons.

They controlled the rail lines, the steel mills, the lake shipping, and the municipal utilities.

To prevent destructive competition, they formed a private compact—an invisible council to govern the infrastructure of the Midwest.”

“A cartel,” Emma said plainly.

“Precisely,” Evelyn acknowledged with a grim nod.

“A ruthless cartel.

But your grandfather, Arthur Moretti, realized the danger.

He saw that the other families were no longer content with mere commerce; they wanted sovereign control over basic human survival—specifically, the freshwater supply of the entire continent.

When Arthur threatened to deliver the cartel’s records to the federal government in 1974, he was killed.

His plane was brought down over Lake Superior.”

Vincent’s hands tightened on the edge of the table until his knuckles turned ivory.

“It wasn’t an accident.”

“It was murder,” Evelyn whispered.

“I spent forty years dismantling their reach, piece by piece, forcing the Sterlings into financial ruin, isolating the Van Dorns, cutting off Bennett’s political ascent.

But Julian’s desperate assault on the water crib proves they were not dead.

They were simply waiting for the generational transition.”

“They wanted to force you into bankruptcy, Vincent,” Emma realized aloud, connecting the puzzle pieces.

“If the water intake was contaminated or destroyed, the liability under the Moretti municipal maintenance contract would have liquidated your empire overnight.

They would have bought the infrastructure for pennies on the dollar.”

“And established total monopoly over the region’s lifeblood,” Vincent concluded, his voice dropping into a register of icy lethal intent.